La fête impériale

La fête impériale

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Titre : Bal costumé au Palais des Tuileries.

Auteur : CARPEAUX Jean-Baptiste (1827 - 1875)

Date de création : 1867

Date représentée : 1867

Dimensions : Hauteur 56 - Largeur 46

Technique et autres indications : Huile sur toile

Lieu de Conservation : Musée d'Orsay site web

Contact copyright : © Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

Référence de l'image : 88EE456/RF 1600

Bal costumé au Palais des Tuileries.

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

Date de publication : septembre 2014

Contexte historique

La fête impériale ne cesse de jeter ses feux tout au long du règne de Napoléon III. La « fête impériale » est aussi pour Napoléon III un moyen efficace de séduire et de contrôler les élites traditionnelles, qui lui sont hostiles à l’origine.

Analyse des images

Dès 1852, Carpeaux modèle une statuette de l’empereur recevant Abd el-Kader à Saint-Cloud et noue des liens d’intimité avec Napoléon III, l’Impératrice et bientôt le prince impérial. Toujours muni de papier et de crayons, l’artiste assistait aux réceptions des Tuileries ou à celles, moins protocolaires, de Compiègne, où, selon Paul Jamot (Gazette des Beaux-Arts, mai 1908, p. 191), « il griffonna ces vivantes et expressives et véridiques silhouettes de Napoléon III debout, assis, saluant, écoutant », silhouettes qu’il retranscrivait immédiatement sur la toile, de retour à son atelier. Dans le tableau du musée d’Orsay, l’atmosphère de fête est rendue avec une grande économie de moyens. A la composition classique, bien que seulement esquissée, par plans successifs devant un fond d’architecture, s’oppose le traitement enlevé de la lumière et de la couleur : quelques personnages – parmi lesquels on reconnaît aisément Napoléon III – rapidement mis en place au moyen de larges coups de brosse chargés de peu de matière se déplacent, dans une atmosphère dorée qui accentue certains détails et fait vibrer les rouges et les verts juxtaposés.

Interprétation

Longtemps, les commentateurs de ce tableau ont affirmé qu’au bras de l’empereur se tenait la comtesse de Castiglione, une des plus célèbres maîtresses du souverain. Mais en 1867 leur liaison était terminée depuis plusieurs années, et rien ne permet donc aujourd’hui de nommer le personnage féminin représenté. Cette identification, même si elle est erronée, révèle néanmoins l’importance du personnage de la comtesse à la cour impériale. Issue d’une famille noble de diplomates et de juristes, Virginie Oldoini a vu le jour à Florence, en 1837. Dès 1855, elle épousa François Verasis, comte de Castiglione avec qui elle s’installa à Paris l’année suivante. Au début de 1856, lors d’un bal chez la princesse Mathilde, cousine de l’empereur, elle fut présentée à Napoléon III et à l’impératrice. Au grand dam de la cour qui la pensait investie d’une mission politique pro-indépendantiste et anti-autrichienne par Cavour, elle devint la maîtresse de l’empereur. Mais lorsqu’au sortir de chez elle, au matin du 6 avril 1857, il fut attaqué par des carbonari italiens, la comtesse fut éloignée et entama une série de séjours à l’étranger, dont elle ne revint qu’en 1863. Déguisée en Reine d’Etrurie, en Dame de cœur ou en Ermite de Passy…, elle reprit une vie sentimentale mouvementée et une activité mondaine débordante, dont le photographe Pierre-Louis Pierson nous a conservé le souvenir.

  • fête impériale
  • Napoléon III
  • Second Empire
  • Tuileries
  • vie de cour

Bibliographie

CollectifCarpeaux peintreValenciennes, Musée des Beaux-Arts, 8 octobre 1999-3 janvier 2000, Paris, Musée du Luxembourg, 24 janvier-2 avril 2000, Amsterdam, Van Gogh Museum, 21 avril-27 août 2000, n° 164.CollectifLa Comtesse de Castiglione par elle-mêmeParis, Musée d’Orsay, 12 octobre 1999-23 janvier 2000.Alain PLESSIS De la fête impériale au mur des Fédérés Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 1973.Jean Tulard (dir.) Dictionnaire du Second Empire Paris, Fayard, 1995.

Pour citer cet article

Dominique LOBSTEIN, « La fête impériale »


Video: Batteries du 1er Empire napoléonien