L’Exposition universelle de 1937

L’Exposition universelle de 1937

  • Pavillon Espagnol, Paris, 1937. Panneau sur le massacre de Guernica

    KOLLAR François (1904 - 1979)

  • Exposition : panneau sur l'agriculture espagnole

    KOLLAR François (1904 - 1979)

  • Pavillon Espagnol, Escalier d'entrée de l'exposition

    KOLLAR François (1904 - 1979)

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Titre : Pavillon Espagnol, Paris, 1937. Panneau sur le massacre de Guernica

Auteur : KOLLAR François (1904 - 1979)

Lieu de Conservation : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine site web

Contact copyright : Ministère de la Culture - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / François Kollar (C) RMN - Gestion droit d'auteur François Kollar

Référence de l'image : 17-638834 / 71L13586

Pavillon Espagnol, Paris, 1937. Panneau sur le massacre de Guernica

© Ministère de la Culture - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / François Kollar (C) RMN - Gestion droit d'auteur François Kollar

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Titre : Exposition : panneau sur l'agriculture espagnole

Auteur : KOLLAR François (1904 - 1979)

Dimensions : Hauteur 18 cm - Largeur 24 cm

Lieu de Conservation : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine site web

Contact copyright : Ministère de la Culture - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / François Kollar (C) RMN - Gestion droit d'auteur François Kollar

Référence de l'image : 17-552656 / 71L13558

Exposition : panneau sur l'agriculture espagnole

© Ministère de la Culture - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / François Kollar (C) RMN - Gestion droit d'auteur François Kollar

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Titre : Pavillon Espagnol, Escalier d'entrée de l'exposition

Auteur : KOLLAR François (1904 - 1979)

Dimensions : Hauteur 24 cm - Largeur 18 cm

Lieu de Conservation : Médiathèque de l'architecture et du patrimoine site web

Contact copyright : Ministère de la Culture - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / François Kollar (C) RMN - Gestion droit d'auteur François Kollar

Référence de l'image : 18-503592 / 71L13582

Pavillon Espagnol, Escalier d'entrée de l'exposition

© Ministère de la Culture - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Dist. RMN-Grand Palais / François Kollar (C) RMN - Gestion droit d'auteur François Kollar

Date de publication : janvier 2019

Contexte historique

Miró et le pavillon espagnol de l’Exposition universelle de 1937

Du 25 mai au 25 novembre 1937, « l’Exposition internationale des Arts et des Techniques appliqués à la Vie moderne » se tient à Paris. Aux côtés de ces œuvres magistrales, le pavillon dessiné par Luis Lacasa et Josep Lluís Sert contient également des sculptures, des gravures, des dessins et des films, ainsi que de nombreuses installations expressives mais plus simplement pédagogiques, comme le Panneau sur le massacre de Guernica et le Panneau sur l’agriculture espagnole ou encore un ensemble de plusieurs citations ornant les murs, parmi lesquelles Escalier d’entrée de l’exposition.

Analyse des images

Au pays de Don Quichotte

Panneau sur le massacre de Guernica, Escalier d’entrée de l’exposition et Panneau sur l’agriculture espagnole ont toutes trois été prises en 1937 par François Kollar (1904-1979). Le photographe français d’origine hongroise et tchèque a en effet réalisé une série de clichés sur le pavillon espagnol pour le compte de la presse écrite.

Escalier d’entrée de l’exposition montre une citation de Don Quichotte (II, 58) « On doit exposer sa vie pour sa liberté » qui figure en lettres majuscules dorées collées sur le mur blanc qui borde l’escalier par lequel le visiteur pénètre dans le pavillon. Ici invisible, une autre citation de Don Quichotte (I, 31) « Il n’y a vilain qui tienne parole s’il trouve son compte à la tenir » lui fait face de l’autre côté du même escalier, perpendiculairement au Faucheur de Miró qui occupe la troisième paroi (en face de l’escalier en descendant).

Ensemble d’inscriptions et de photographies, Panneau sur le massacre de Guernica constitue un ensemble assez disparate consacré au bombardement de la ville basque qui a eu lieu le 26 avril 1937. À gauche, une image représentant un jeune enfant victime des combats est accompagnée d’un texte (partiellement coupé ici) évoquant la douleur de ses parents et l’injustice de sa mort. Au centre, une photographie de « l’arbre de Guernica, symbole de la démocratie du peuple basque » (inscription sur la photographie elle-même). À droite, une citation de José Antonio Aguirre, président du gouvernement autonome du Pays Basque depuis le 7 octobre 1936 « Est-ce un crime pour un peuple de défendre sa liberté ? » surmonte un cliché montrant les ruines de la cité, cliché sous lequel on lit une dernière phrase : « Ils ont détruit notre peuple et notre langue ».

Tout aussi composite, Panneau sur l’agriculture espagnole comporte la photographie (à gauche) d’un paysan travaillant à mains nues dans les champs de blé et (à droite) une illustration dessinée qui en montre un autre, juché sur une sorte de charrue tirée par un cheval. Là aussi, un texte est imprimé à même l’image, qui explique que « l’agriculture espagnole reposait sur : » (en haut) « des salaires misérables » (à gauche, s’ensuit une description plus complète des conditions de travail) et « une répartition inique de la terre ». Une répartition illustrée par le dessin assez enfantin de bonshommes quantifiant la proportion de la population (1 %, 11 %, 21 %, 27 %, 40 %), rapportée à celle de la terre possédée (de 43,7 % à « rien du tout »).

Interprétation

Un emblème de l’Espagne républicaine

Comme d’autres nations participant à l’événement, le gouvernement de l’Espagne républicaine envisage son pavillon à l’Exposition universelle comme un moyen de promouvoir une certaine « identité ». À travers les différentes réalisations qui y sont exposées, il s’agit de montrer au monde une sorte d’emblème actualisé du pays tout en interpellant le public sur sa situation immédiate présentée comme tragique et injuste. Et de convaincre, peut-être, d’épouser sa cause d’une manière ou d’une autre.

Le pavillon espagnol se caractérise tout d’abord par son audace et sa modernité. Simple, fonctionnelle et finalement assez modeste, l’architecture du bâtiment de verre composé de trois étages reliés par des escaliers et des rampes latérales (que l’on peut apercevoir sur Escalier d’entrée de l’exposition) fait montre d’une grande originalité architecturale. De même, le choix d’artistes avant-gardistes comme Picasso, Buñuel ou Miró correspond-t-il à la volonté de se démarquer positivement par un certain rayonnement culturel et intellectuel.

Pays des arts les plus créatifs et de l’innovation, l’Espagne républicaine serait également (et corollairement) un lieu de progrès technique, social et politique, comme le suggère plus modestement le Panneau sur l’agriculture espagnole. En abolissant des pratiques à la fois archaïques, iniques et indignes, le nouveau régime mettrait son peuple sur la voie de la justice et de la prospérité.

Mais la République, c’est aussi la « démocratie » et la « liberté » sur lesquelles les nationalistes et de leurs alliés fascistes (« Ils ») font planer une menace mortelle, ainsi que le rappelle avec émotion le Panneau sur le massacre de Guernica. Une démocratie d’ailleurs ouverte et respectueuse des identités régionales (référence au « peuple » et à la « langue » basque), à l’inverse des nationalistes qui veulent gommer et éradiquer ces dernières.

Empruntant à la littérature (en choisissant cette fois la référence plus classique et plus consensuelle de Don Quichotte visible sur Escalier d’entrée de l’exposition), la citation qui marque le début de la visite fait écho à l’actualité, qui replace la lutte urgente de ceux qui « exposent leur vie » pour défendre la liberté et la République dans un héritage plus ancien et plus universel. Fidèle à ces valeurs imprescriptibles, les combattants anti fascistes (actuels ou à venir) doivent ainsi livrer une bataille juste contre ceux qui « détruisent » ou tuent.

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  • Calder (Alexandre)

Bibliographie

DUPIN, Jacques, Joan Miró, Paris, Flammarion, coll. « Grandes monographies », 1993.

Exposition internationale. Paris, 1937 : Arts et techniques dans la vie moderne. Le Guide officiel, mai-novembre, Paris, Éditions de la Société pour le développement du tourisme, 1937.

MIRO, Joan, Écrits et entretiens, Paris, Daniel Lelong, 1995.

HERMET, Guy, La guerre d'Espagne, Paris, Seuil, « Points histoire », 2017.

VILAR, Pierre, Histoire de l’Espagne, Paris, PUF, 1996.

Pour citer cet article

Alexandre SUMPF, « L’Exposition universelle de 1937 »


Video: Inauguration de lexposition internationale 1937