Episode de la bataille navale de Navarin

Episode de la bataille navale de Navarin

Episode de la bataille navale de Navarin. (Copie d'après Jean-Charles LANGLOIS)

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet

Date de publication : mars 2016

Contexte historique

Navarin et la question de Grèce

L’ensemble de l’Orient méditerranéen était, au début du XIXe siècle, possession de l’Empire ottoman. En 1830, l’indépendance de la Grèce était définitivement acquise grâce à l’appui des nations européennes philhellènes.

Analyse des images

Le colonel Langlois, peintre de l’histoire contemporaine

Langlois avait combattu dans les armées de l’Empire. Mis en demi-solde en 1815, il entama une carrière de peintre (il étudia ainsi d’abord avec Girodet et Horace Vernet, puis avec Gros), se spécialisant dans la représentation de faits militaires. Il exposa au Salon à partir de 1822, tout en reprenant sa carrière militaire (il participa à l’expédition d’Alger en 1830 et fut nommé lieutenant-colonel en 1834). Bon connaisseur de son sujet, il donna ainsi des œuvres caractéristiques d’un genre remis à l’honneur par les combats de la Révolution et de l’Empire, commémorés par les commandes de Napoléon, puis, surtout, celles de Louis-Philippe lorsqu’il créa le musée de l’histoire de France à Versailles. L’Episode de la bataille de Navarin est caractéristique d’une représentation qui se veut tout à la fois exacte, dans le rendu du décor, à tout le moins réaliste (Langlois n’a pas encore fait le voyage de Grèce, il a servi en Illyrie en 1810), et pittoresque, avec l’épisode du premier plan qui favorise l’implication du spectateur et son identification aux combattants : un vaisseau brisé sur les débris duquel cherchent à se sauver des Turcs et des Egyptiens. L’un d’eux, à droite, debout, les poings fermés, tourne la tête vers la gauche, impuissant dans la défaite. Au second plan la bataille proprement dite, avec un navire qui saute, un autre en flammes.

Interprétation

Le peintre de panoramas

Langlois s’est fait une spécialité des panoramas, vastes peintures circulaires de plusieurs mètres de haut et de plusieurs dizaines de mètres de long. Présentés dans des rotondes spécialement construites, les panoramas visaient à donner au spectateur l’illusion de se trouver dans un lieu particulier (Londres, Paris, Berlin, Moscou…) ou, mieux encore, dans une scène historique précise, le plus souvent une bataille. A ce dispositif pouvaient s’ajouter des effets d’éclairage, de bruitage ou l’inclusion d’éléments de décors réels (affûts de canons, fusils, roues de charrettes...). Le premier panorama présenté par Langlois fut précisément celui de la bataille de Navarin, la plate-forme centrale étant supposée être la dunette du vaisseau le Scipion, qui avait effectivement participé au combat. Ce choix n’est pas dû au hasard : la bataille de Navarin est l’une des premières victoires françaises après Waterloo et témoigne d’une puissance navale qui avait fait défaut à Trafalgar. Par l’effet dramatique qu’elle produit, cette peinture d’histoire recrée ainsi un spectacle qui préfigure certaines ingéniosités du cinématographe. Témoin du dernier combat naval de l’ère de la voile, ce panorama a cependant disparu.

  • batailles
  • Grèce
  • Orient
  • mer
  • Turquie
  • Russie
  • Grande-Bretagne
  • Bonaparte (Napoléon)
  • Louis-Philippe
  • bateau
  • combat naval

Bibliographie

Bruno FOUCART (dir.), Un peintre de l’épopée napoléonienne.Le colonel Langlois, 1789-1870.Collections du Musée Langlois Caen, Bernard Giovanangeli-Ville de Boulogne-Billancourt-Bibliothèque Marmottan, Boulogne-Billancourt, 2000.Bernard COMMENT Le XIXe Siècle des panoramas Paris, Adam Biro, 1993.La Grèce en révolte, Delacroix et les peintres français : 1815-1848 catalogue de l’exposition, Paris, RMN, 1996.

Pour citer cet article

Barthélemy JOBERT et Pascal TORRÈS, « Episode de la bataille navale de Navarin »


Video: Assassins Creed Origins: Les Batailles Navales