La Cour Impériale à Fontainebleau, le 24 juin 1860

La Cour Impériale à Fontainebleau, le 24 juin 1860

La Cour Impériale à Fontainebleau, le 24 juin 1860.

© Photo RMN-Grand Palais

Date de publication : mars 2016

Contexte historique

La fête impériale

Sous le Second Empire, Napoléon III s’entoure d’une cour animée par Eugénie de Montijo, devenue son épouse en janvier 1853. » Cette « fête impériale » dénoncée par les opposants au régime est contemporaine de la naissance du portrait photographique, qui assurera au studio Disdéri et à quelques célèbres photographes comme Nadar une grande renommée.

Analyse des images

Une photo de villégiature

La décontraction est l’aspect dominant de cette photo de « vacances ». Nous sommes près de l’étang aux carpes (à droite sur la photo). On distingue en arrière-plan un des deux escaliers de la façade du Primatice datant de la seconde moitié du XVIe siècle. La Cour a pris place sur l’embarcadère près des marches, visibles à gauche, à l’exception de l’empereur et du prince impérial, assis dans une barque. L’impératrice est la plus à droite au premier rang des dames assises, la main droite relevée à hauteur du cou. Ses amies proches l’entourent : à ses pieds à demi appuyée sur son bras gauche, madame de Pourtalès, réputée pour son éblouissante beauté, issue d’une grande famille de banquiers protestants alsaciens et femme d’un banquier huguenot suisse. A la droite d’Eugénie, la princesse de Metternich, surnommée la « jolie laide », femme de l’ambassadeur d’Autriche. On note aussi la présence du comte Walewski, fils de Napoléon Ier et de Marie Walewska, sénateur en 1855 et ministre des Affaires étrangères jusqu’en 1860. Presque toutes les personnes représentées sont identifiées.

Interprétation

La photographie, invention démocratique

Durant le Second Empire, la photographie s’assure une place grandissante dans la vie quotidienne : en 1860, Paris compte 207 photographes parmi lesquels Disdéri dont le studio emploie 90 personnes et réalise chaque jour plus de 2 000 épreuves. Cet essor de la photographie doit être relié à celui des classes moyennes désireuses de prendre modèle sur les classes supérieures. Plus abordable qu’un portrait peint, la photographie suscite l’engouement de nombreuses personnes éprises de respectabilité et soucieuses d’asseoir leur statut social.
En même temps le régime impérial profite de cette nouvelle technique pour se rendre plus populaire auprès des Français. Contrairement à un tableau officiel empreint de solennité, une photographie comme celle-ci donne l’image d’une cour moins cérémonieuse, à laquelle il est davantage possible de s’identifier. Pour Napoléon III, il y a là un moyen de paraître plus proche au plus grand nombre et de susciter de l’attachement à sa personne, démarche qui s’inscrit pleinement dans le césarisme plébiscitaire qu’est le bonapartisme.

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Bibliographie

Louis GIRARD Napoléon III Paris, Fayard, 1986 réed.Coll.« Pluriel », Hachette, 1993.Jean TULARD (dir.) Dictionnaire du Second Empire Paris, fayard, 1995.

Pour citer cet article

Martine GIBOUREAU, « La Cour Impériale à Fontainebleau, le 24 juin 1860 »


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