La bataille de Somo-Sierra (30 novembre 1808)

La bataille de Somo-Sierra (30 novembre 1808)

Bataille de Somo-Sierra en Castille, le 30 novembre 1808.

© Photo RMN-Grand Palais - D. Arnaudet / J. Schormans

Date de publication : septembre 2006

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La bataille de Somo-Sierra (30 novembre 1808)

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Contexte historique

Les difficultés internes de l’Espagne et les nécessités du maintien du blocus continental établi par décret à Berlin le 21 novembre 1806 poussèrent Napoléon à s’emparer de l’Espagne. Des victoires rapides comme celles de Burgos (10 novembre), Tudela (23 novembre) et Somo-Sierra (30 novembre) lui ouvrirent la route de Madrid.

Analyse des images

« L’Empereur, marchant sur Madrid par la route de Buitrago, rencontra dans la montagne de Somo-Sierra 13 000 Espagnols, qui, à l’aide de leur position formidable, espéraient en défendre le passage. Arrivé près du sommet de la route, l’Empereur ordonne l’attaque ; aussitôt l’infanterie française gravit à droite et à gauche les pentes escarpées de la montagne et engage le feu avec l’ennemi, qu’un épais brouillard cachait encore. La route était coupée par plusieurs fossés que l’ennemi avait creusés pour embarrasser la marche ; cependant, l’Empereur ayant donné le signal, le général Montbrun, à la tête des braves Polonais de la garde impériale, formant l’avant-garde de ce corps d’élite, franchit ces obstacles, et se précipite sur une batterie de seize pièces de canon défendues par l’infanterie. L’effet de la poudre dissipait les nuages de la montagne, et l’on vit cette heureuse intrépidité couronnée du plus brillant succès [C’est le moment que le tableau représente.] L’armée espagnole fut sabrée et mise en fuite, et l’Empereur arriva le lendemain aux portes de Madrid qui ne tarda pas à se rendre. » (Livret du Salon de 1810, n° 495.)

Interprétation

Outre la volonté évidente de glorifier l’héroïsme de l’armée impériale, en particulier celui des chevau-légers recrutés parmi la jeune aristocratie polonaise, le sens de cette composition due à un peintre officiel est à lire dans les détails mettant en scène l’Empereur qui découvre ici un charnier de soldats français : on le voit reprocher à un colonel espagnol la cruauté avec laquelle ses compatriotes ont assassiné des prisonniers français dont les corps gisent sous l’arche d’un pont. Le colonel espagnol répondit : « Je suis à votre disposition », ce qui désarma le vainqueur. Au premier plan au centre, le prisonnier français, capturé avec ses compagnons d’armes dans une bataille précédente et contraint de servir parmi les Espagnols, découvre à ses compatriotes, qui viennent de le libérer, la croix de la Légion d’honneur et sa cocarde qu’il a cachées sur son cœur. Face à ces témoignages de bravoure et de hauteur d’âme propres aux troupes françaises, l’armée espagnole en déroute sous les feux des canons semble vouée à l’anonymat : on est loin ici de l’interprétation critique de la guerre d’Espagne que le baron Lejeune livrera sous la Restauration, dans sa représentation de l’assaut du monastère de San Engracia (1827, musée national du Château de Versailles).

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Bibliographie

Yveline CANTAREL-BESSON, Claire CONSTANS Bruno FOUCART Napoléon Images et histoire. Peintures du château de Versailles (1789-1815)Paris, RMN, 2001.Roger DUFRAISSE et Michel KERAUTRET La France napoléonienne. Aspects extérieurs Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », 1999.Gunther ROTHENBERG Atlas des guerres napoléoniennes 1796-1815 Paris, Autrement, 2000.Jean TRANIE et Juan-Carlos CARMIGNANI Napoléon : la campagne d'Espagne : 1807-1814 Paris, Pygmalion, 1998.

Pour citer cet article

Robert FOHR et Pascal TORRÈS, « La bataille de Somo-Sierra (30 novembre 1808) »


Video: Battles of Somosierra and Corunna 1808-1809 - Napoleonic Wars DOCUMENTARY